L'usine est totalement déserte. Le silence est parfois brisé par le fracas de quelques plaques de tôles qui résonnent sous l'action des courants d'air.
A l'entrée, quelques logements en ruine témoignent de l'importance que ce lieu a dû avoir pour le village. Un "café de l'usine", aux fenêtres et portes maintenant closes, accueillait les ouvriers en fin de journée.

Les hangars sont énormes mais vides. L'un deux, percé de centaines d'ouvertures permettait de faire sécher les matériaux. Plus loin, des archives témoignent des époques où l'usine fourmillait d'activités. Liste de clients, bons de commandes, d'arrivages, autant de vestiges maintenant inertes qui constituaient le quotidien des ouvriers.

Dans un hangar isolé, les articulations d'un monstre de métal apparaissent. C'est une gigantesque machine de près de cinquante mètres de long, composée de tapis roulants, de postes de contrôles, de griffes pouvant saisir des troncs entiers, les équarrir, les sectionner et les transformer en panneaux ou lambris. Ce mécanisme extrêmement compliqué surprend par ses dimensions, et ce n'est qu'en parcourant les entrailles de la machine qu'on saisit peu à peu le parcours du bois. La puissance qui semble se dégager de l'engin nous laisse imaginer le vacarme qu'il a pu produire.

Tout près, une salle contient de nombreuses autres machines permettant d'entretenir les outils. Ces machines sont maintenant soudées par la rouille et inutilisables. Au sol, reposent des lames d'acier de plus de 6 mètres de long, capables de débiter les troncs.

Dans un hangar qui s'effondre, une magnifique chaudière à vapeur, merveille des années 1930 se couvre peu à peu de poussières et de toiles d'araignées. Près de là, une chaudière tubulaire aux mécanismes corrodés rappelle combien cette usine devait être à la pointe de la technologie du début du XXeme siècle.

L'usine, qui a dû vivre des moments de fierté et d'intense activité, sombre maintenant dans un oubli définitif.

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